18 avril 2010

I'm Not There, de Todd Haynes

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I'm Not There
est dérangeant, c'est un objet d'art non-identifié; quelqu'un, un beau jour, m'a dit que ce film était prétentieux. Who cares ? Les objets d'art sont exposés, et donc là pour être vu et admirés.   
Certains me diront encore que le culte que je voue à Velvet Goldmine me rend partiale. Non ! Non ! Non !


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         I'm Not There parle d'une autre époque, de celle qui pleine d'espoir de pouvoir changer le cours du temps et de l'Histoire par des chansons protestataires et leurs charismatiques interprètes jusqu'à une autre, un autre seuil du cours des choses où tout espoir est perdu ; c'est alors qu'on se tourne vers tout ce qu'on a toujours combattu, les traditions et une autre ouverture spirituelle.Quoiqu'on dise, il s'agit du parcours de Dylan, du "folk singer" à ce vieil homme qui compose des chants de Noël.
Si l'on veut évoquer une caractéristique de ce film, hormis sa superbe bande-originale (pour notre plaisir : Dylan, again, again and all along), c'est la fixité : de longs plans avec des gens, toutes sortes de gens qui vous fixent: ils restent là, la caméra bouge. Sont-ils des fantômes ? Sont-ils des êtres humains glacés d'effroi par le regard de la caméra ou celui du spectateur? Viêtnam. Watergate. Assassinat de Kennedy. Les droits civiques, un combat sans fin. La peur se lit dans leurs yeux. Il nous reste une boule dans la gorge après ce film, bercé par la voix nasillarde de Robert Zimmermann, parfois revisité.
          Prenons le personnage de Jude Quinn (Cate Blanchett) : il se détourne soudainement de la musique folk pour la vibe électrique : ses plus grands admirateurs qui, l'instant d'avant, l'acclamaient le huent puis se détournent : il les a trahis, il n'est plus rien et ils restent, là, immobiles, le regard plein de haine ou d'incompréhension, alors que l'objectif, doucement, se détourne, s'éloigne bercé par un travelling arrière. C'est un adieu. Et quoi de mois honnête ! Ceux qui prônent la liberté ne sont pas plus tolérant que les autres : au diable l'intégrité artistique ! L'artiste doit les servir. Ce sont sur de tels constats que le scénario est basé...


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           I'm Not There met en scène les différentes vies de Bob Dylan, tous ses visages, toutes ses périodes de transition incarnées par différents personnages, tous autant désabusés les uns que les autres. Cate Blanchett (la plus ressemblante!), Ben Wishaw, Richard Gere, Christian Bale, Heath Ledger et Marcus Carl Franklin sont le rockeur électrique, le poète, le hors-la-loi qui se cache, le prophète qui change de moyen d'expression, l'acteur et le bluesman, les origines de la musique. Tous sont incompris. Tous cachent leur vraie identité et souffrent au cours de leurs errances, que ce soient dans les fêtes branchées d'Andy Warhol ou les contées sauvages du Mid-west.

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Ce plan ne peut être que de Todd Haynes : l'artiste raillé et androgyne méprisé et pris de haut... Amateurs de Velvet Goldmine: pensez Brian Slade, alias Maxell Demon, alias, Jonathan Rhys-Meyer (avec des costumes un peu plus sobres, je vous l'accorde !)

Posté par Sofa à 00:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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